collecte hippomobileDe plus en plus de municipalités recrutent… des chevaux pour compléter leur effectif d’employés territoriaux !

L’exemple de Pont-Sainte-Marie

Cette charmante commune de l’Aube, région Champagne-Ardenne (près de Troyes) expérimente la collecte hippomobile de déchets. Elle a recruté Romain, un cheval de trait ardennais, pour ramasser les déchets. A partir du 1er juillet, ce sont 3 chevaux qui se relaieront pour effectuer ce travail.

Cette opération pilote est menée en partenariat avec les Haras Nationaux de Montier en Der et le groupe Sita, dans une logique de développement durable. Le cheval est conduit par un meneur pendant que le ripper charge la charrette de sacs poubelles (maximum 250 kg). Il va vider sa charge sur l’un des points de collecte. Là, un camion prend le relai. Le cheval peut assurer 7 à 8 heures de travail, avec des temps de pause d’une heure toutes les 3 heures.

La collecte de déchets hippomobile n’est pas forcément moins coûteuse que la collecte traditionnelle. Les bénéfices sont ailleurs : beaucoup plus sympathique pour les habitants mais surtout beaucoup plus écologique que les camions bennes ! D’autant que les chevaux ne ramassent que les déchets recyclables. La totalité serait un volume trop important pour les chevaux. L’avantage est donc également une sérieuse motivation au tri sélectif. D’ailleurs, les villes de Chaumont (52), Châlons-en-Champagne (51) et Reims (51) semblent déjà très intéressées par le concept qui offre une meilleure qualité de vie aux habitants : moins de bruit, moins de pollution… le bilan carbone est très satisfaisant. Moins de carburant, beaucoup moins d’émission de gaz à effet de serre

Par ailleurs, un petit rappel : la race de trait ardennais ne compte plus à l’heure actuelle que 2000 chevaux sur le territoire français. Son utilisation professionnelle devrait permettre d’éviter qu’elle ne disparaisse…

L’exemple de Peyrestortes

Ce petit village des Pyrénées-Orientales, situé à deux pas de l’aéroport de Perpignan vient lui aussi de renoncer aux camions-bennes pour adopter le ramassage hippomobile. La mairie a, elle aussi, recruté chevaux de trait bretons, relativement petits et trapus, plus pratiques pour circuler dans les petites ruelles du centre datant de plusieurs siècles. Les nouvelles recrues ont pris leur service il y a 4 mois. Leur arrivée a permis à la commune de revendre un de ses deux camions de 2,5 tonnes et de supprimer des gros conteneurs que l’on ne pouvait faire entrer dans les vieilles habitations et qui, de ce fait, encombraient la voie publique. Des poubelles plus petites destinées au tri sélectif les ont remplacés. La tournée de ramassage desservant les 280 maisons du village dure 1h30. Les rippers collectent également les déchets verts.

Il aussi arrive parfois que les chevaux municipaux soient attelés à une diligence pour promener les personnes âgées ou les enfants des écoles. La mairie souhaite en effet un plus large retour à l’utilisation du cheval dans le village qui compte 1.400 habitants. Dans les années 60, il y avait une quarantaine de chevaux dans le village, ils étaient utilisés par des viticulteurs. Aujourd’hui, la mairie a acquis 44 hectares de vignes pour y faire du vin bio, notamment avec les chevaux.

L’exemple de Saint-Gildas-de-Rhuys

Ce sont les plages de la presqu’île de Rhuys qui vont accueillir les services d’un nouvel employé territorial en sabot dès le 1er juillet. Tous les matins, à la fraîche, pendant deux heures, le cheval tirera un gros râteau nettoyeur et assurera le transport des choses retirées sur les 3 kilomètres de laisse de mer. Beaucoup plus écologique que le tracteur, le cheval n’émet pas de CO2. De plus, ses sabots ne sont pas agressifs pour les sols contrairement aux roues des lourds véhicules à moteurs.

L’exemple de Chéreng

Dans cette petite ville du Nord-Pas-de-Calais d’un peu plus de 3000 habitants, la municipalité a recruté Olive de la Celles, cheval Trait du Nord, et a acquis, lors du Salon de l’Agriculture, une jolie carriole équipée de 4 freins à disques, de « warnings » fonctionnant sur batterie solaire…. Elle est couverte avec trois places devant.

Olive a 7 ans, elle est très bien éduquée et expérimentée. Elle a fait la route du poisson et la route des vins et du Comté. Elle fait partie intégrante du personnel communal, très bien intégrée au sein de l’équipe. Ses collègues sont en cours de formation pour obtenir le titre de meneur. A termes, outre les travaux de la ville comme vider les corbeilles, nettoyer les trottoirs, arroser les fleurs, ramasser les feuilles, transporter le matériel… Olive devrait participer à des animations, conduire les mariés, transporter le père Noël !

D’autres communes devraient suivre ces exemples

– L’île d’Arz devrait également suivre l’exemple de Saint-Gildas-de-Rhuys. Après l’été et le nettoyage des plages, le cheval viendra épauler les deux ouvriers territoriaux pour divers travaux sur la commune.

– Vannes projette pour l’été 2010, de remplacer une navette de bus gratuit entre le port et le parking du Parc Chorus, par une navette hippomobile.

Ce ne sont que quelques exemples… de plus en plus de communes attrapent le réflexe « développement durable », création de lien social, et qualité de vie au quotidien avec le concours de nouveaux employés territoriaux et souvent aussi à la clé de nouveaux emplois et de nouvelles formations pour les bipèdes qui travaillent à leurs côtés.

Pas de chômage pour le cheval !

2 avis sur « Pas de chômage pour le cheval ! »

  • 9 mai 2010 à 7 h 35 min
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    ERTA « énergie renouvelable par la traction animale » est une association qui oeuvre pour la promotion du cheval de trait comme une énergie renouvelable. Notre objectf est de promouvoir l’utilisation de cheval de trait dans de nombreuses activités et notamment proposer ses services auprès des municipalités qui font du développement durable leur fer de bataille. Merci pour les témoignages de l’article « pas de chômage pour le cheval » qui démontrent que le cheval de trait peut être reconnu comme une énergie renouvelable et un exemple dans le développement durable.

    ERTA 11 Rue Jean Jaures 13530 TRETS

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  • 6 janvier 2014 à 16 h 27 min
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    Et dire que je ne connaissait pas votre site, vous voila dans mes favoris !

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