Mon cheval à moi…

Mercredi 22 septembre 2010

L’été s’achève, mais pour beaucoup il aura été l’occasion d’un coup de foudre, généralement irréversible… pour le cheval !

Ce n’est pas un scoop, on sait combien statistiquement le cheval fait rêver, souvent dès le plus jeune âge. Mais après une « vraie » rencontre, par exemple à la faveur d’une balade estivale à la campagne, à la mer ou à la montagne, quelque chose de définitif s’inscrit en nous : le désir d’avoir son propre cheval ! de le monter régulièrement, de pouvoir murmurer à son oreille nos secrets, ce que l’on ne dira jamais à personne d’autre…

Avoir son cheval à soi, que ce soit un gentil cheval de balade ou pour toute autre activité équestre : CSO pour les fanas d’obstacles, endurance pour ceux qui veulent pousser la rando à sa dimension sportive, etc. ce n’est pas une décision à prendre à la légère !

Tourner sept fois sa fourche dans son box…

Un consensus familial doit s’instaurer, indispensable si vous voulez que votre compagnon équin soit le bienvenu et éviter qu’il ne devienne au fil du temps une source de conflits. Comme pour un concours d’obstacles, mieux vaut avoir fait une minutieuse reconnaissance du parcours avant de chausser les étriers de la décision !

Concrètement, il faut prendre conscience de tout ce que le fait d’avoir un cheval à soi va changer dans votre vie et donc dans celle de vos proches, même si vous choisissez de le faire loger dans un club ou une écurie de propriétaires et pas de lui réserver quelques hectares de prairie au bout du chemin… Sachez en effet que votre ami équidé exigera beaucoup de présence. Il aura même parfois le mauvais goût de s’entailler un jarret le jour de votre anniversaire ou le soir de Noël ! Au lieu de réveillonner avec les vôtres, vous devrez attendre dans le froid l’arrivée du véto qui, lui aussi, avait prévu autre chose ce soir-là !

Certes, il ne vous fera pas le coup tous les ans… mais cela peut arriver et l’avoir imaginé n’est pas superflu. Ce qui sera régulier par contre, c’est le temps que vous devrez lui consacrer pour le pansage, la promenade, voire l’entrainement… Or, d’expérience, nous savons que ce n’est pas toujours facile de pousser les murs de son emploi du temps, que l’on soit étudiant ou déjà engagé dans la vie professionnelle.

Très souvent, lorsque l’on parle d’acheter un cheval, on déclenche autour de soi une pléiade de bonnes volontés. Toutes les copines du centre équestre, les amies et/ou les voisines se proposent de venir régulièrement vous donner un coup de main. Sûr, votre nouvel ami ne manquera pas de gratouilles ni de carottes promises ! Mais faire le box, le sortir en février quand il gèle à pierre fendre… là, vous ne devrez compter que sur vous-même, ou savoir négocier quelques échanges de services.

Et puis il y aura immanquablement les jours où vous aurez d’irrépressibles envies de couette-chocolat-chaud, ou d’aller griller quelques jours à la plage… et où aucune de vos présupposées baby-sitter équine ne sera disponible.

Un autre « sacrifice » est à envisager, financier celui-ci. Outre l’investissement de départ, il vous faut aussi prévoir un peu de place dans votre budget : les ferrures, les vaccins, les vermifuges et autres soins vétos (coup de soleil, dermites, etc. pour n’évoquer que les éventuels soucis bénins). Sans parler d’un poste important : son logement. Ce sera le loyer dans le club ou l’écurie si vous n’avez pas la possibilité de l’héberger chez vous. Si vous pouvez l’accueillir, ce sont ses frais de bouche qui seront à prévoir et l’enlèvement ou le recyclage du fumier.

Dernier point de vigilance, et pas des moindres : s’assurer que l’on a suffisamment de compétences équestres, de connaissance du cheval, pour lui assurer les soins, confort, santé et bien-être qu’il mérite. Ou à défaut, une structure d’accueil capable de vous assister, voire de vous apprendre. Attention, soins, confort, santé, bien-être… relèvent aussi de connaissances comportementales du cheval. Autrement dit d’éthologie. Un cheval stressé par son cavalier ou vivant dans un environnement mal adapté, avec des activités irrégulières, des exigences au-dessus de ses capacités physiques ou mal transmises, risque de devenir rapidement « ingérable ». A propos de connaissance du comportement du cheval, deux livres vous seront précieux. Si vous avez entre 9 et 13 ans commencez par « Sommeil Noir », et pour les plus « vieux » (dès l’adolescence…), l’incontournable c’est « Demande à ton cheval », de Françoise Anstett !

L’objectif de ces « alertes » n’est pas de vous décourager d’acquérir votre propre cheval. Juste de décourager celles et ceux qui ne seraient pas sûr(e)s de pouvoir l’assumer. Parce que si décider d’adopter un chat ou un chien demande déjà réflexion, un cheval encore plus.

Si vous avez bien « tourné 7 fois la fourche dans le box » et que votre décision est prise, que vous êtes sûrs de pouvoir l’assumer, nous vous préparons (dans le prochain article) une liste de conseils pratiques pour accompagner au mieux votre choix et démarches. En attendant, n’hésitez pas à poser vos questions !

Cheval au service de l'homme, Toutes | 3 commentaires

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3 réponse pour “Mon cheval à moi…”

  1. 01

    Bonjour,

    Chouette article que je relativiserais cependant. Car vous décrivez ici surtout la vie du cavalier propriétaire de son cheval à la maison.

    Lorsque le cheval est en pension au pré ou dans un centre équestre il est déjà plus aisé de se faire “aider”.
    C’est sur que cette “tranquillité” est payante mais je l’encourage fortement pour les personnes qui ne savent pas correctement s’occuper d’un cheval ou qui ne sont pas sures à 100 % de pouvoir passer un temps minimal chaque jour pour s’occuper de leur monture (ou qui n’ont pas des gens de confiance pour le faire au cas ou).

    Les blessures ou les coliques surprises n’étant pas pour autant moins fréquentes et les attentes du véto le soir tard non plus. Mais c’est tout de même plus simple niveau gestion du temps.
    Si vous ne pouvez pas aller voir votre cheval un jour, il aura quand même sa ration alimentaire, sa sortie en paddock si il faut et ses soins particuliers (si il en a besoin).

    Par Babs le Vendredi 24 septembre 2010 à 9:32
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  2. 02

    Vraiment très juste, cet article ! Mieux vaut avoir “préparé” ses proches et anticipé des bonnes volontés autour de soi. Même quand on a son cheval dans un club parce que, comme vous le dites, les bonnes volontés sont plus difficiles à trouver surtout l’hiver en cas de besoin. Certes, le cheval est nourri et sorti (du moins en principe) parce que j’ai parfois su que le mien était resté au placard certains jours fériés ou quand le paleu s’est embrouillé avec la proprio !
    J’ai dû changer le mien de club déjà plusieurs fois. Mais si c’était à refaire je le referais… il est trop cool mon loulou !

    Par Marie le Vendredi 24 septembre 2010 à 12:52
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  3. 03

    c’est effectivement très difficile de vivre loin de son cheval adoré. J’ai moi-même fait cette expérience. Mes parents m’ont beaucoup aidé.

    Par JF le Vendredi 8 octobre 2010 à 20:26
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