Les chevaux des artilleurs aux Invalides

Samedi 6 décembre 2008

Au registre des services que le cheval a rendu à l’homme, on trouve bien sûr les « travaux » de la guerre, et parmi ceux-là, la charge d’artilleur ! Et bien l’homme d’aujourd’hui, qui laisse pourtant l’artillerie au musée désormais, a choisi la fête de Sainte Barbe (aujourd’hui Barbara sur le calendrier) pour lui rendre hommage. Une bien belle présentation qui se déroule dans la Cour d’honneur des Invalides à Paris, ce samedi 6 et demain dimanche 7 décembre à partir de 14h, à l’initiative du Musée de l’Armée (www.invalides.org/). Au programme, bivouac des poilus, fanfare de l’école d’application de l’artillerie de Draguignan, manœuvre de l’artillerie hippomobile, échanges autour des attelages avec les artilleurs et les musiciens.

Ce sont 20 artilleurs et 15 chevaux, des Postiers Bretons et des Selles Français, qui présentent la manœuvre avec un canon 75 mm modèle 1897. Ce canon « d’une conception révolutionnaire pour son époque regroupe tous les derniers perfectionnements intervenus dans l’artillerie à la fin du XIXème siècle, à savoir : l’utilisation de la poudre sans fumée, de la munition encartouchée, de l’obus fusant, d’un chargement par la culasse et d’un frein de recul hydropneumatique. Cette synthèse, en éliminant les effets du recul, rendait enfin possible un vieux rêve des artilleurs, le tir rapide », explique le Musée de l’Armée.

Les pavés de la Cour des Invalides crépitent sous les pas rapides de l’attelage de 6 chevaux menés, sous les ordres du chef de pièce, par les servants dans leur tenue bleue horizon. Ils emmènent le canon au grand trot, avant de le déposer, prêt pour un tir retentissant. Ils repartent pour un nouveau tour, accompagnés par la fanfare de l’école d’application de l’artillerie de Draguignan.

Les chevaux sont ceux du 57ème RA de Bitche, un régiment qui va fermer ses portes. Ils effectuent aux Invalides leur dernière présentation. Mais rassurons-nous, explique le soldat qui en la garde, « les juments seront mises en retraite anticipée chez des particuliers choisis pour leur amour du cheval ».

Le Musée de l’Armée rappelle que « le  Postier Breton présente une endurance, une force et une rusticité qui en fit une recrue de choix de la Première Guerre mondiale. Puissant mais vif, il tractait les canons sur tous les terrains à vive allure. Endurant et polyvalent, il pouvait parcourir de longues distances, monté ou attelé. Rustique, il s’accommodait des conditions de vie des plus sommaires ».

Pourquoi à la Sainte Barbe ?

Barbe était une jeune fille de 16 ans qui vivait au milieu du 3ème siècle à Nicomédie en Asie Mineure (aujourd’hui c’est Izmit en Turquie) sur la mer de Marmara. Elle avait un père Dioscore,  un riche magistrat païen descendant de satrapes perses. Pour protéger la vertu de sa fille et l’éloigner du prosélytisme chrétien, il l’enferma dans une tour à deux fenêtres. Un prêtre chrétien, déguisé en médecin, réussit à s’introduire dans la tour et baptisa la jeune fille. Lorsque son père revint de voyage, Barbe lui expliqua qu’elle avait fait percé une troisième fenêtre dans le mur de la tour pour symboliser la Sainte Trinité chrétienne. Fou de rage, Dioscore mit le feu à la tour. Barbe parvint à s’enfuir, mais un berger découvrit sa cachette et prévint son père qui la traîna devant le gouverneur romain de la province. Elle fut condamnée à être suppliciée, mais elle refusa d’abjurer sa foi. Dioscore trancha lui-même la tête de sa fille. Il fut aussitôt frappé par la foudre.

Depuis ce jour, le 4 décembre, les Catholiques prient Sainte Barbe pour se protéger de la foudre. Elle est ainsi devenue la patronne des artilleurs, des pompiers, des mineurs, des canonniers, des artificiers, et d’autres corporations liées au feu. De nos jours par exemple, une Sainte Barbe trône toujours à l’entrée des tunnels en construction pour protéger les mineurs des accidents de chantier.

Plusieurs traditions entourent Sainte Barbe.

- La tradition stéphanoise veut que Sainte Barbe défile le 4 décembre dans les rues jusqu’aux différents puits de mines.

- En Savoie, à Bozel, chaque premier samedi de décembre, la chapelle Sainte-Barbe est exceptionnellement ouverte et une messe y est célébrée, suivie par une dégustation de soupe traditionnelle cuisinée la nuit dans un immense chaudron.

- En Provence, le 4 décembre, chacun doit semer du blé et des lentilles sur un coton imbibé d’eau. Une bonne pousse annoncera abondance et prospérité.

- En Alsace, on coupe des branches de cerisier pour les mettre dans un vase rempli d’eau. Chaque jour on coupe un petit morceau de la branche et on change l’eau du vase. Les branches fleurissent à Noël, et une belle floraison annoncera aussi abondance et prospérité

Cheval au service de l'homme, Toutes | Pas de commentaires

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