Le cheval et le prisonnier
Jeudi 21 mai 2009
On connaissait « la vache et le prisonnier », film célèbre d’Henri Verneuil où Fernandel promenait Marguerite en laisse sur les routes de France… A propos de Fernandel, le cinéma nous a offert aussi « Heureux qui comme Ulysse », ce film magnifique où la vedette est un vieux cheval blanc en cavale vers la Camargue avec son ami palefrenier !
Aujourd’hui, le « cheval et le prisonnier » n’est pas un film présenté à Cannes ni sur aucune affiche cinématographique (pour le moment…) mais dans la vraie vie, aux Etats-Unis, une opération originale qui fait « coup double » !
« Le cheval et le prisonnier » est une opération destinée à aider à la réinsertion de détenus et à permettre de sauver des chevaux de courses réformés qui seraient immanquablement voués à l’abattoir. En effet, des établissements pénitentiaires ont organisé des programmes permettant aux détenus de s’occuper de ces pur-sang condamnés.
On connait depuis longtemps les vertus du cheval dans le cadre de thérapies destinées aux handicapés ou plus récemment dans le coaching managérial. Il fallait songer à intégrer le cheval au milieu carcéral !
On a d’un côté des chevaux de courses ayant fini leur carrière sur les hippodromes et inaptes à la reproduction, pour lesquels la société mercantile ne voyait d’autre issue « rentable » que l’abattoir. De l’autre, des prisonniers que, généralement, l’univers carcéral pousse plus volontiers vers la récidive que vers un retour à une bonne citoyenneté.
Concrètement, les chevaux sont rachetés puis confiés à des détenus, encadrés bien sûr par des professionnels du cheval. Auprès des chevaux, le détenu prend conscience qu’il existe une autre vie, d’autres modes de comportement que le rapport de force qui ne serait pas à son avantage avec l’animal. Il découvre du même coup le sens des responsabilités quand le cheval lui donne en échange sa confiance, sans autre jugement que les bons soins et les bons sentiments qu’il reçoit !
« Il y a quelque chose dans l’animal, en particulier le cheval, qui donne à ces types une occasion, peut-être pour la première fois de leur vie, d’éprouver de l’empathie », déclare Ron Stephens, un élu de l’Illinois favorable à l’adoption de ce programme dans son Etat.
Dans des prisons du Kansas et du Colorado, les détenus s’occupent de dresser des chevaux venant des plaines de l’Ouest où ils ont vécu en liberté, pour les proposer ensuite à l’adoption. Dans ces établissements, le taux de récidive chute de moitié par rapport au taux national qui est de 68%.
A quand le cheval comme aide à la réinsertion dans les prisons françaises ? Ce ne sont pas les chevaux à sauver qui manquent…
2 réponse pour “Le cheval et le prisonnier”
01
On devrait faire ça en France aussi : le cheval est un excellent moyen de réinsertion. Ce serait moins cher à mettre en place que de voir les dossiers de justices de récidives en récidives s’accumuler et les prisons se remplir plus vite qu’elles ne se vident !!!!
Sans compter le bénéfice humain, moral, de voir des personnes ayant commis des fautes redevenir des êtres comme les autres au lieu de les voir devenir des asociaux quasi irrécupérables !
02
J’aimerais savoir ce qui est arrivé au cheval Ulysse, une fois le film(Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage)fut terminé avec Fernandel. Ce film a été tourné en 1970.
Est-ce que, par la même occasion, il(Ulysse) a participé à d’autres film? Si oui, lesquels?
Merci,
Maurice Beaudry.
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