Nous le savons tous, le cheval de trait, pour chacune des neuf races qu’il représente en France, est menacé depuis que la société a cru bon de se passer de ses services pour le remplacer par des machines.

Tous pourtant : Ardennais, Auxois, Boulonnais, Bretons, Cobs Normands, Comtois, Mulassiers Poitevins, Percherons, Traits du Nord… ont largement et patiemment contribué notamment depuis le 19ème siècle, au développement de la société. Ils sont allés aider l’homme dans les mines, ils ont hâlé les bateaux le long des rivières, tiré de lourdes charges pour construire les routes, les voies ferrées, débroussailler les forêts, et bien d’autres tâches pénibles. Ils ont servi dans les premiers transports en commun, à l’acheminement du courrier, aux livraisons de marchandises, tiré les diligences, les charrettes, et que sais-je encore !!!

Pour bien moins que cela, on classe un monument au patrimoine de l’UNESCO, soit parce qu’il a le mérite d’être beau, ou d’exister depuis longtemps, ou d’avoir accueilli un personnage dont l’Histoire se souvient. Le cheval de trait n’est-il pas beau ? Le cheval de trait n’existe-t-il pas depuis longtemps ? Le cheval de trait n’a-t-il pas accueilli les postérieurs de nombre de grandissimes personnages de l’Histoire de l’humanité ?

Pour cela, Dominique Léger, président du Centre de Promotion du Cheval de Trait Auxois a demandé que le cheval de trait soit inscrit à la catégorie « paysages culturels » du Patrimoine mondial de l’Unesco. On ne peut que soutenir cette demande !

Le patrimoine est l’héritage du passé dont nous profitons aujourd’hui et que nous transmettons aux générations à venir. La Liste du patrimoine mondial comporte 878 biens constituant le patrimoine culturel et naturel que le Comité du patrimoine mondial considère comme ayant une valeur universelle exceptionnelle. Le cheval de trait représente un capital génétique unique que les paysans au fil du temps, avec la participation des Haras nationaux, ont façonné en effectuant des croisements d’animaux issus d’une même zone d’élevage afin d’en fixer régionalement les races.

De plus, nous l’avons dit déjà, le cheval de trait peut – doit ! – encore rendre de nombreux services à la société du 21ème siècle. Ne serait-ce que parce que nous, les humains, nous n’avons pas su protéger notre écosystème, parce que nous avons gaspillé nos ressources, parce que nous avons mis la planète en danger.

Que peut faire le cheval pour réparer nos bêtises ?

Il peut nous aider à limiter les frais en réapprenant à fonctionner chaque fois que c’est possible avec plus de bons sens.

On pourrait ajouter que dans un monde qui se virtualise de plus en plus (à l’exemple de ce blog d’actu sur le web…), nous, petits bipèdes souvent esseulés devant nos claviers ;-), nous tirerions avantage à retrouver davantage autour de nous la présence chaleureuse du cheval de trait. Cette présence renoue, retisse du lien social partout où le cheval passe. On ne compte plus les sourires, les dialogues qui s’engagent par exemple quand un employé territorial collecte le verre sur une carriole tirée par un cheval, dans l’une des cents villes qui ont de nouveau recours à ses services ! Or, est-ce que l’on a déjà vu sourire et/ou parler au passage des grosses bennes vertes ou blanches qui font le même job ? Non, elles ramassent les containers sous le regard au mieux indifférent des habitants, au pire un peu méprisant. Et ce que l’on entend généralement au passage des bennes polluantes, ce ne sont que les klaxons agacés des automobilistes impatients qui piaffent derrière, en inhalant les gaz d’échappement !

Nous sommes en France, un pays qui aime le cheval. Les statistiques le montrent. La Fédération Française d’Equitation est la 3ème en nombre d’inscrits, juste derrière le foot et le tennis. Nous sommes 2 millions à pratiquer sérieusement l’équitation. Qui plus est, les sondages indiquent que 12 millions de personnes rêvent de monter à cheval voire de posséder leur propre cheval !

Ce serait déjà pas mal si ces 12 millions de personnes, plus leurs amis et tous ceux qui aiment la Terre qui va devoir accueillir leurs enfants ! Si toutes ces personnes qui sont des électeurs potentiels, réclamaient à leurs élus à la fois de militer pour l’inscription du cheval de trait sur les grands livres de l’UNESCO, et aussi pour le retour de ces chevaux dans la vie de leurs communes.

Il faut savoir que si certaines de ces races de chevaux de trait n’ont pas été rayées de la planète, elles le doivent à l’abattoir pour la consommation de leur viande… triste issue de secours !

Le cheval de trait accèdera-t-il à l’UNESCO ?

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