Chevaux de Salon et d’agriculture

Dimanche 7 mars 2010

HerseLes chevaux de Salon, coiffés, tressés, brossés, ont défilé samedi sur le Grand Ring. Plus de 140 chevaux présentant les 9 races de chevaux de trait français (Ardennais, Auxois, Boulonnais, Breton, Cob Normand, Comtois, Percheron, Trait du Nord, Poitevin)… Mais ces mêmes chevaux sont aussi, dans la vraie vie, des chevaux d’agriculture !

Ils tirent les carrioles, les troncs d’arbres en forêt pour le débardage. On les revoit aussi de plus en plus dans les champs, entre les guides de maraîchers, viticulteurs ou agriculteurs qui, pour certains, ont même choisi de faire revivre la « conduite au cordeau ». C’est une technique ancestrale, une façon de conduire douce, basée sur la complicité entre l’agriculteur et le cheval, car elle permet de guider les chevaux sans mord, sans rênes, à la voix, juste avec une corde et de petites secousses pour indiquer au cheval ce que l’on attend qu’il fasse.

A l’heure où le Président Sarkosy visite le Salon de l’Agriculture et annonce la mise en place, dès la semaine prochaine, d’un groupe de travail sous la tutelle des Ministres de l’Environnement et de l’Agriculture pour réfléchir aux moyens de concilier écologie et agriculture, pourquoi ne pas encourager le retour des pratiques de traction de animale ?

Déjà de nombreux agriculteurs, revenus de la mécanisation à outrance, souhaitent adopter des pratiques respectueuses de la terre comme la conduite au cordeau. De telles pratiques ancestrales peuvent faire sourire certains. Elles s’inscrivent pourtant dans une démarche on ne peut plus actuelle puisqu’elle permet de renouer avec une agriculture raisonnée. L’intérêt n’est pas seulement écologique ou « nostalgique », pour des terres de petites et moyennes surfaces, le cheval est beaucoup plus intéressant économiquement que l’utilisation d’engins motorisés.

Des formations aux métiers du cheval

Si des moyens financiers doivent être investis pour « concilier écologie et agriculture », une piste intelligente pourrait être le financement de centres de formation aux différents métiers du cheval. Des formations à l’attelage, aux différentes formes de conduite animale, le débardage et d’autres métiers gravitant autour comme celui de bourrelier, sellier, etc. qui fleurissaient lorsque le cheval était une des forces du monde agricole et que l’écurie était l’un des points centraux pour les cultivateurs.

Parmi les mesures agricoles du Grenelle de l’Environnement, le cheval doit retrouver une place privilégiée. Ce n’est pas une utopie. Au Salon de l’Agriculture, Romance jument de trait berrichonne en fait la démonstration. Non seulement elle termine quatrième au trophée national du cheval de trait, mais elle est entraînée à tracter toute sorte de matériels. On l’a vue notamment tirer une herse. Utile, car dans bien des cas, les chevaux de trait remplacent avantageusement les tracteurs qui écrasent la terre, surtout dans les vignes où les ceps ont du mal à se développer. Dans les forêts, les chevaux tractent des outils qui servent au débardage et au débitage de bois, sans défoncer les chemins.

Soutenir l’élevage des races françaises de chevaux de trait

Une politique de développement de solution conciliant écologie et agriculture ne pourra pas faire l’économie d’une stratégie de soutien à l’élevage des chevaux de trait. Aujourd’hui, les éleveurs des neuf races de chevaux de trait souffrent au moins autant que les autres catégories professionnelles du monde agricole. En plus de pouvoir contribuer au développement d’une « économie verte », ils permettent la survie de ces races de chevaux de trait, figurant à notre patrimoine national, et pourtant menacées.

Paradoxalement, même les Haras nationaux s’interrogent aujourd’hui sur leur avenir. Ils déplorent des ressources humaines revues à la baisse. Au Haras du Pin, l’ouverture de la saison a été marquée, après la parade, par une démonstration des personnels faisant part au public de leur inquiétude. Les Haras nationaux sont un maillon essentiel à la filière équine.

Nul doute que très bientôt parmi les énergies de substitution aux énergies fossiles, on soit heureux de pouvoir s’appuyer sur le cheval, qui, en plus de cet apport énergétique est un merveilleux compagnon, capable de produire en plus un autre élément indispensable également en rupture au sein de nos sociétés… du lien social !

Cheval au service de l'homme, Toutes | 1 commentaire

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Une réponse pour “Chevaux de Salon et d’agriculture”

  1. 01

    Je suis obligé d’admettre que le tracteur est plus rapide mais je m’ennuie énormément des chevaux. Ici au Québec très peu de cultivateurs utilisent les chevaux sinon aucun (peut-être pour les parades, les calèches etc ) J’en ai vu un qui coupait son foin et c’est a peu près tout, j’aimerais voir aussi des vidéos où l’ont peut en voir au travail

    merci

    Par Claude Lavallée le Mardi 18 octobre 2016 à 1:55
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