Cheval dopé ? Pas seulement !

Lundi 8 septembre 2008

Parler de dopage est un euphémisme en ce qui concerne l’un des chevaux de CSO au JO de Pékin. Cette appellation laisse entendre que l’on aurait tenté de booster chimiquement les performances physiques du cheval, comme le font certains humains qui veulent dépasser leur potentiel.

Certes, on a bien utilisé un produit chimique, mais pas une potion magique qui donne des ailes… non, il s’agit d’une « simple petite pommade » appliquée sur les antérieurs, qui a « seulement » la propriété de déclencher une sensation de brûlure chez le cheval au moindre contact ! Alors on imagine bien que le cheval qui en a fait l’expérience à l’entraînement lorsqu’il a malencontreusement touché une barre, n’a pas envie de recommencer… il saute plus haut ! C’est l’objectif, puisqu’il s’agit de concours de saut d’obstacles !!!

Il faut savoir qu’avant d’utiliser la sensation de brûlure pour « encourager » le cheval à sauter plus haut, certaines équipes ont eu recours, par le passé, à d’autres procédés, indécelables à la prise de sang… le cavalier, apparemment soucieux du bien-être de son cheval, lui mettait des « protections » en cuir sur les antérieurs. Normalement, ces guêtre sont censées réduire le risque de blessure en cas de choc sur l’obstacle. Comme leur nom l’indique, elles « protègent » ! Sauf que cela n’encourage pas le cheval à sauter plus haut. Au contraire, cela peut même l’inciter à faire moins d’efforts puisqu’il ne souffrira pas en cas de touchette… Mais certains cavaliers se soucient plus de leurs résultats que du confort de leur monture. Au point de glisser quelques pointes dans le cuir de ces fameuses « protections »… Là, le cheval avait envie de les passer les barres, et sans les toucher si peu que ce soit !

Il a fallu du temps pour que ces pratiques finissent par être sanctionnées. Mais est-il vraiment moins barbare de remplacer aujourd’hui les pointes par un produit qui brûle ? Certes, il n’y a plus les plaies, mais la douleur est-elle plus supportable ?

C’est à un de ces produits que la Fédération internationale d’équitation  a annoncé vendredi le contrôle positif de Rufus, le cheval de Rodrigo Pessoa, un des finalistes du CSO individuel des JO de Pékin. Le classement devrait être revu. Reste à savoir ce qu’encoure une équipe qui agit ainsi !

Heureusement, toutes les équipes ne sont pas à « mettre dans le même panier ». Rappelons que le staff français a choisi de ne pas engager Galan de Sauvagère, la monture de Nicolas Touzain, pourtant un de nos meilleurs espoirs de médaille en concours complet, parce qu’il souffrait d’un léger déséquilibre à un postérieur, juste avant le départ de l’épreuve. Or, un léger déséquilibre au départ se serait certainement traduit par une blessure à l’arrivée. Un risque qu’ils ont eu le courage de ne pas prendre pour ne pas handicaper le cheval.

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Une réponse pour “Cheval dopé ? Pas seulement !”

  1. 01

    J’ai lu ce matin que la fédé équestre internationale avait fait des contrôles lors des épreuves de CSI à Chantilly ce week-end, suite aux contrôles antidopage positifs des JO sur 5 chevaux. Ils cherchaient les produits dont vous parlez. Ce serait une bonne chose si ces contrôles se généralisaient pour éviter de revenir à des pratiques d’autant plus perverses qu’elles ne sont pas évidentes !

    Par Val le Lundi 15 septembre 2008 à 11:28
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